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Navigation : COLLECTES * la collecte des porteurs du projet * Maurepas * Louis Lardoux Tuesday, February 07, 2012
Louis LARDOUX

 

Louis Lardoux

Louis LARDOUX, est né en 1927 à la MEZIERE. Aujourd’hui agriculteur à la retraite, il est un témoin privilégié de cette époque où la quartier de Maurepas n’était pas encore urbanisé : Saint-LAURENT se trouvait alors à la campagne et les Rennais venaient dans les cafés des alentours passer leur dimanche après-midi et jouer au palet ! Jusque dans les années 1950, le promeneur qui sortait de la ville par la route de Fougères, dès qu’il dépassait l’actuel boulevard de Volney,  se retrouvait tout de suite dans un paysage agricole : maraîchers, champs complantés de pommiers…

Les grandes fermes  installées tout autour de RENNES et, notamment, à Maurepas envoyaient tous les matins un commis pour aller livrer les légumes frais en ville. Certains cultivateurs venaient de BETTON ou de MELESSE pour livrer leur cidre dans les cafés rennais. Louis LARDOUX se souvient très bien avoir accompagné son père pour livrer le cidre puis l’avoir fait lui même, dans l’immédiat après guerre, lorsqu’il a repris la ferme familiale. Il fallait alors passer l’octroi (et montrer la patente) route de Fougères et s’adjoindre les services d’encaveurs, ces hommes qui avaient acheté leur droit pour exercer cette profession qui consistait, tous les matins, à remiser les fûts de cidre livrés dans les caves des cafés. La consommation du vin qui s’est généralisée après la Guerre a fait disparaître toute cette activité très organisée.

 

 

  
Enregistrements
  

Jusqu’au début des années 1950,  les traditions rurales sont restées vivaces jusque dans les faubourgs de la ville. Louis Lardoux se souvient par exemple des conscrits des communes de Pacé ou de Saint-Grégoire entrant, accordéon et drapeau en tête, en chantant pour aller au conseil de révision.

De même, il se souvient aussi avoir vu les quêteurs d’œufs chanter de portes en portes sur Melesse, Betton ainsi que sur Saint-Laurent, Maison Blanche et Maurepas.

Comme cela était pratiqué ailleurs, dans de nombreuses campagnes de France voire d’Europe, dans la nuit des Rameaux puis, 2 semaines plus tard, dans la nuit de Pâques (et parfois même dans la nuit du jeudi saint), plusieurs jeunes hommes s’organisaient en équipes de quêteurs, souvent en s’adjoignant les services d’un joueur d’accordéon, et allaient toute la nuit chanter, de maisons en maisons, une chanson de circonstance : la Passion pour la nuit des Rameaux, les Angoisses ou Cantiques du jeudi Saint pour le jeudi saint et La Résurrection pour la nuit de Pâques.

Il ne s’agissait pas de chants religieux ou de cantiques mais bien de chants populaires, construits autour de l’histoire religieuse, et qui prenaient parfois tellement de liberté par rapport aux canons de celle-ci que le clergé voyait cela d’un mauvais œil. 

Devant chaque maison l’équipe chantait un premier couplet puis demandait « Faut i chanter ?». Si les habitants répondaient oui, le chœur chantait toute la chanson. Les hôtes les invitaient alors à entrer boire un coup de cidre, de café ou d‘eau de vie. Puis ils leurs donnaient des œufs. S’ils répondaient non, l’équipe leur chantait alors un refrain ironique leur promettant une année pleine de surprise…

Il existait également une quête dans la nuit du 1er mai appelée Mazi-mazette.

La Passion

Vous plairait-il d’entendre ici

La Passion de Jésus-Christ

 

« Peut-on chanter ? »

 

Chantons chantons la Passion

Du doux Jésus c’est l’oraison

 

Chantons chantons à haute voix

Vive Jésus vive sa croix

 

Vive Jésus vive Marie

Vive Jésus dans le Paradis

 

Jésus descend du Paradis

Pour venir sur la croix mourir

 

Dans la vallée de Josaphat

Où le Seigneur nous jugera

 

Il y descend par pluie par vent

Pour endurer tant de tourments

 

Tant de tourments Il a souffert

Pour la conversion des pêcheurs

 

 

Judas plus traitre qu’un larron

Vendit son maître par trahison

 

Après avoir son maître trahi

Trouva un sü (sureau) et s’y pendit

 

Judas Judas ne te pend pas

Demande pardon et tu l’auras

 

Point de pardon à demander

Un Dieu si bon j’ai offensé

 

Donnez des œufs ou de l’argent

Ce qui vous plaira mes braves gens

 

Ne donnez pas des œufs couvis

Car Jésus-Christ serait marri

(Les gens ouvrent la porte et font rentrer

les chanteurs. En sortant, on chante)

En vous remerciant mes braves gens

En l’honneur du Saint Sacrement

 

Dans quinze jours on reviendra

Pour vous chanter Alleluia

  
La Résurrection

Selon M. LARDOUX Louis, Melesse.

 Réveillez-vous peuple d’honneur

Vous qui cherchez le doux Sauveur

En Galilée Il est déjà Alleluia

Alleluia (on demande pour chanter)

 

Réveillez-vous peuple affligé

Car jésus est ressuscité

En Galilée Il est déjà Alleluia

 

Réveillez-vous cœurs endurcis

Pleurez la mort de jésus-Christ

Un jour viendra mourir faudra Alleluia

 

Thomas n’y croyait pas d’abord

Que Jésus-Christ fut mis à mort

Un ange du ciel lui annonça Alleluia

 

Thomas Thomas, le croiras-tu

Au haut de ses peines le verra-tu

En pleine forme le voilà Alleluia

 

Les filles les femmes ne jeuneront plus

Car de carême il n’y en a plus

On a chanté le gloria Alleluia

 

J’ai un petit coq dans mon panier

Qui n’a encore jamais chanté

Donnez lui des oeufs il chantera Alleluia

  
Mazi Mazéte

Mazi Mazéte, voulez vous l’écouter ?

A votre porte, on va vous la chanter

 

Si vous voulez qu’on chante,

Vous aurez de la chance

 

L’bon Dieu vous bénira

Fera fleurir vos antes

 

Et le renard ne passera pas par là

A l’arrivée du joli mois de Mai

 

Chantez, (dit on à l’intérieur)

 

Le joli mois de Mai,

Où l’on marie les filles

 

Je le sais bien par moi

Car mon père me marie

 

S’il me marie, ce n’est pas malgré moi

A l’arrivée du joli mois de Mai

 

Si vous n’avez plus rien

Donnez-nous la servante

 

La fille de la maison

Est cor bien plus plaisante

 

A l’arrivée du joli mois de Mai

  
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