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Navigation : COLLECTES * la collecte des porteurs du projet * Le Blosne * Marie Thébault Tuesday, February 07, 2012
Marie THEBAULT
 

 

Marie THEBAULT est âgée aujourd’hui de 80 ans. Elle habite avec son mari à BETTON, commune où le couple a tenu une exploitation agricole jusque dans les années 1980. Marie THEBAULT n’est pas originaire de BETTON : elle est une des onze enfants de M . LOUAPRE qui a exploité, entre 1926 et 1961, la ferme du Petit Thorigné à RENNES. Il s’agit d’une des deux fermes situées à l’emplacement du centre commercial Torigné sur le quartier du Blosne. Comme M. LARDOUX et Mme TOSTIVINT, elle a gardé le souvenir des différentes livraisons que ses parents effectuaient dans RENNES, qu’il s’agisse de la tournée de lait et de légumes réalisée par sa mère tous les matins chez les particuliers, dans les épiceries ou même dans certains hôpitaux ou bien encore des livraisons de cidre de son père qui livrait à la demande dans différents cafés. 

 

M. LOUAPRE s’est beaucoup investi dans les affaires de la cité. Il a , notamment, été conseiller municipal sous la magistrature de M. Henri FREVILLE. Selon le témoignage de sa fille, c’était un homme qui aimait se 

 

tenir au courant des nouveautés essayant de rester à la pointe du progrès. Le récit de Marie THEBAULT, sur la ferme du Petit Thorigné dans l’entre-deux-guerres, est surprenant. En effet, la famille LOUAPRE a acquis , dès 1929, une voiture automobile ainsi qu’un tracteur, un des vingt premiers d’Ille-et-Vilaine ! Il s’agissait d’un petit véhicule avec des roues métalliques crantées. Le choix de cet équipement peut apparaître paradoxal lorsqu’on sait que les champs, dans cette zone aujourd’hui complètement urbanisée, étaient alors complantés de pommiers et qu’il fallait prendre garde, en travaillant la terre, à ne pas abîmer les racines de ces arbres. La ferme possédait cependant encore deux chevaux, ce qui permettait, grâce à une maniabilité plus importante, de passer entre les arbres. Ceux-ci constituaient une des richesses de la ferme : M. LOUAPRE disposait de cidre à vendre presque toute l’année. Marie THEBAULT se souvient très bien que son père jouait, pour ce faire, sur les variétés de pommes à cidre pour pouvoir échelonner sa production : « A partir de septembre, on avait toujours du marc de cidre prêt à servir ! »   Marie Thébault
Avec onze enfants, le couple n’a pas eu besoin d’engager de commis de ferme. Seuls quelques journaliers venaient se louer parfois. En revanche, le couple a accueilli dans les années 1920 une jeune Croate (qui fuyait alors la création de la Yougoslavie) pour aider Mme LOUAPRE dans le travail domestique et, à l’occasion, donner un coup de main aux champs, en chantant ! Entre la fratrie et l’entraide avec M. JEAN, qui tenait la seconde ferme de Thorigné, Mme THEBAULT n’a connu ni les équipes d’entraide ou souatiées, ni les traditions qui ponctuaient les grands moments de l’année dans le milieu rural de l’époque. 

Elle se souvient bien, en revanche, avoir entendu pour la Saint-JEAN (21 juin) des chansons dont « Voici la Saint-Jean, la grande journée » ainsi que des gens tirer les joncs sur l’esplanade de Sainte-THERESE qui était l’église de sa paroisse. Sur un trépied, on disposait une bassine en airain souvent appelé pelle au-dessus de laquelle on tendait une ou plusieurs tiges de joncs qu’une personne maintenait en contact avec la bassine. Une autre personne, disposée en face, faisait alors glisser le jonc entre ses doigts pour le faire vibrer. Lorsque la vibration était suffisante celle-ci se propageait à la pelle qui émettait alors un son grave et continu. Cette tradition a été connue sur toute la Haute Bretagne, en milieu rural. Selon le témoignage de MmeTHEBAULT la pratique était courante jusqu’aux portes de RENNES, même si, dans l’entre-deux-guerres toujours d’après son témoignage : « c’était déjà des gens qui le faisaient pour refaire comme avant … Pour montrer les traditions des anciens ! »

  
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